La richesse des bijoux durant l’Antiquité

Parmi les grandes civilisations de l’Antiquité, les exemples de peuples ayant marqué l’histoire de l’Humanité sont pléthores. En matière de production de bijoux remarquables, certaines se sont néanmoins distinguées : l’on peut citer ensemble les cultures sumérienne et égyptienne. Voyageons ensemble dans le temps pour mieux connaitre l’art des bijoux dans ces cultures anciennes !

 

Les bijoux sumériens

Le peuple sumérien a laissé derrière lui de nombreuses traces de son héritage culturel et artistique. A l’âge d’or de la civilisation sumérienne, soit 2500 avant J.-C., ses représentants les plus riches se faisaient enterrer avec leurs parures les plus précieuses. C’est ainsi que nous avons pu constater que la production de bijou était extrêmement raffinée et que les sumériens utilisaient des matériaux élaborés : argent et or, importés des pays voisins du bassin mésopotamien, mais aussi des pierres telles que le lapis-lazuli, l’agate et la cornaline, ont été retrouvés dans les bijoux de cette époque. Les types de bijoux affectionnés par les sumériens étaient, outre les bracelets et colliers que nous connaissons bien, les amulettes, ornements pectoraux et bandeaux, des sceaux cylindriques (fabriqués en pierre précieuses gravées) et des coiffes. Les diadèmes richement décorés que l’on a retrouvés, notamment celui de la reine Pu-abi (datant de 3000 ans avant notre ère), s’inspiraient de motifs naturels, tels que les feuilles de saule ou de peuplier. Les fleurs, plantes et animaux sont des motifs qui semblent avoir grandement influencé l’art sumérien dans sa production de bijoux, en particulier sur les amulettes (avec des représentations de poissons, d’oiseaux ou de gazelles), mais également avec des fleurs façonnées en or sur les coiffes ou colliers, ou encore sur des peignes de cheveux. Les boucles d’oreilles semblent également avoir été populaires au sein de la population sumérienne - ou du moins, sa frange la plus aisée. La tombe de la reine Pu-abi contenait également de nombreuses bagues ainsi que d’autres types de bijoux ayant semble-t-il appartenus à ses suivantes, qui, selon la tradition et à l’instar d’autres civilisations anciennes, avaient mis un terme à leur existence dans le tombeau de leur monarque. Les techniques de bijouterie moderne étaient pour la plupart connus des sumériens, telles que l’alliage, le filigrane, la taille de pierre, l’émaillage... L’on a retrouvé, outre les formes inspirées de la nature, de nombreux bijoux aux formes géométriques, en particulier les disques et cylindres que les sumériens paraissaient apprécier en bijouterie.

 

Les bijoux égyptiens

La joaillerie de l’Egypte antique est remarquable par son degré de raffinement et de technicité : nous allons donc lui consacrer ici une attention particulière. La découverte du tombeau de Toutankhamon a permis de mettre à jour un vaste trésor composé de nombreux bijoux et ornements qui avaient accompagnés le défunt dans la mort. Des caisses d’accessoires en tous genres ont été retrouvés par les archéologues et constituent un formidable témoignage de la qualité des bijoux portés dans l’Egypte antique. Mais quelle était la place des bijoux dans la civilisation des pharaons ?

 

Les bijoux en Egypte antique : une portée esthétique mais surtout symbolique

La culture des pharaons nous est parvenue grâce à de très nombreuses découvertes archéologiques, nous savons donc que les égyptiens étaient adeptes du port de bijoux en tant que signe extérieur de richesse, mais pas seulement. En effet, nous savons que pour le peuple égyptien, les bijoux revêtaient une importance d’ordre spirituelle : les bijoux servaient ainsi un but pratique puisqu’ils devaient repousser les mauvais esprits, et apporter protection et chance à ceux qui s’en paraient. Certaines couleurs étaient censées apporter différents bienfaits, leur choix en bijouterie était donc crucial. La cornaline était, par exemple, synonyme de force et de puissance, en raison de sa couleur rouge. Lorsqu’une pierre était sélectionnée pour la création d’un bijou, elle ne l’était donc jamais au hasard ! Il s’agissait avant tout de porter bonheur lorsque l’on offrait un bijou.

 

Les types de bijoux appréciés des égyptiens

Comme chez les sumériens, les amulettes étaient un type de bijoux apprécié des égyptiens, en raison de leur signification spirituelle et de leurs propriétés magiques. Les amulettes de protection constituaient des accessoires à part entière, et n’étaient donc pas forcément vouées à être portées. Elles pouvaient par exemple être posées ou glissées dans les bandelettes qui recouvraient le corps des défunts momifiés. Par praticité, elles pouvaient toutefois être affublées d’un trou et d’une corde pour être mises autour du cou. Ces bijoux étaient avant tout des talismans, protecteurs ou porteurs de divers pouvoirs qu’ils conféraient à celui qui les portait. Les amulettes représentaient des formes, animales ou humaines, ou encore des déités ; elles pouvaient service à commémorer un évènement ou à honorer la mémoire d’un mort. Un type courant d’amulette funéraire était celles façonnées en forme de scarabées. On parle souvent de scarabée en forme de cœur, car ils étaient placés sur la poitrine du défunt, afin d’empêcher le cœur de quitter le corps une fois arrivé dans l’au-delà. Le cœur avait une place centrale dans le culte des morts en Egypte ancienne, puisqu’il faisait l’objet d’une pesée par le dieu Anubis après la mort. Le résultat déterminait le sort réservé aux défunts dans l’au-delà, d’où l’utilisation de porte-bonheur pour s’assurer que tout se passerait bien ! Outre les amulettes, les égyptiens possédaient souvent des bijoux en forme de scarabée, des bracelets de type jonc, des colliers de perles, des bagues ; pour les riches, les bijoux étaient ornés de pierres et produits en métaux précieux, mais les types de bijoux ne différaient pas vraiment de ceux portés par le reste de la population, hormis les diadèmes et accessoires luxueux ne pouvant être revêtus que par la royauté. Les riches égyptiens portaient pour leur part des bijoux représentant des motifs naturels, par exemple, des animaux tels que les tigres, antilopes, chacals, oiseaux en vol... Ces représentations renvoyaient souvent aux déités qu’ils adoraient ; elles étaient donc particulièrement appréciées. Parmi les motifs religieux, mystiques et ceux inspirés de la nature que l’on a retrouvé dans la bijouterie de l’Egypte antique, l’on peut encore citer la fleur de lotus, le faucon, le serpent, le vautour ; mais aussi le nœud d’Isis, l’œil d’Horus, la représentation de sphinx. Tous ces motifs sont des symboles forts liés aux croyances qui étaient au centre de la société égyptienne : les pharaons étant des monarques de droit divin, ces représentations venaient également renforcer la place de leur culte dans la vie quotidienne. Tout était alors religion, même la bijouterie ! Concernant la forme des bijoux égyptiens, le collier à large col est un exemple typique de bijouterie associée à l’Egypte ancienne. Souvent constitué de rangs de perles, il comprenait souvent une amulette et recouvrait toute la poitrine de telle manière à avoir la forme d’une fleur ou d’un animal. Les colliers de perles n’étaient pas seulement des colliers à large col, ils pouvaient prendre de nombreuses formes. Les perles étaient également de taille, de forme et dans des matières diverses : si les égyptiens appréciaient la symétrie, ils s’en affranchissant dans leurs colliers de perles dont les éléments étaient hétéroclites ! Le résultat final était cependant toujours équilibré et raffiné. S'agissant des bagues et des boucles d'oreilles, ils étaient indifféremment portés par les hommes et les femmes de l’époque, et semblaient être très populaires, puisqu’on en a retrouvé bon nombre lors de fouilles archéologiques.

 

Les matériaux utilisés dans l’Egypte antique pour la création de bijoux

Le territoire des pharaons avait pour avantage d’être riche en ressources naturelles pouvant être exploitées, notamment, dans la création de bijoux. Les matériaux que l’on a retrouvé en majorité, lors des fouilles archéologiques ayant mis au jour des bijoux de cette époque, étaient l'or (pour l’aristocratie et les égyptiens les plus aisés) et le cuivre (qui était le matériau de prédilection du peuple, étant un métal courant et peu onéreux). On a peu trouvé de bijoux en argent, ce métal n’étant pas disponible en Egypte antique. Les égyptiens pauvres, soit la majorité de la population, portaient des bijoux fabriqués en os, pierres, dents d’animaux, coquillages et argile. Les artisans égyptiens avaient bien compris l’impact de l’alliage de métaux dans la couleur de leurs bijoux ; ils savaient ainsi créer de nombreuses nuances d’or, allant du gris au rose, en passant par le brun, en mélangeant l’or à du cuivre ou du fer. Les pièces précieuses et semi-précieuses étaient naturellement réservées aux plus riches égyptiens. L'on a retrouvé une grande variété de pierres, telles que l’obsidienne, le lapis-lazuli, le grenat, la cornaline...

Pour imiter certaines pierres, les joailliers de l’époque avaient pour habitude de recourir à la faïence ou à la céramique, qu’ils façonnaient en perles colorées afin de fabriquer des “bijoux fantaisie” plus abordables ! Quant au verre, il était également présent dans les bijoux de l’Egypte antique ; cependant, le verre coloré était initialement un matériau rare et cher dans ces contrées. Il était utilisé par les joaillers de l’époque pour représenter les plumes des oiseaux en vol. Malgré l’importance de la joaillerie égyptienne, sa tradition a fini par se mélanger à d’autres influences, d’abord helléniste puis romaine, avant de s’éteindre avec sa civilisation. Il nous reste aujourd’hui de magnifiques bijoux à observer dans les musées du monde entier, et qui continuent d’inspirer les créateurs en tout genre.